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    La viticulture biologique en pratique : un an dans les vignes

    2 min de lecture ·

    Hiver : la dormance et la taille

    Entre décembre et mars, la vigne entre en dormance. C’est la période de la taille, travail capital qui détermine la production de l’année à venir. La taille en gobelet — mode traditionnel du Roussillon — consiste à former un cep court, avec quelques bras et quelques coursonnes portant les bourgeons futurs. Elle favorise l’aération du feuillage et la concentration des jus.

    C’est aussi la période du travail du sol : labours et griffages pour aérer la terre, limiter le compactage et gérer la végétation concurrente sans herbicide chimique.

    Printemps : vigilance et protection

    Le débourrement (mars-avril) marque le réveil de la vigne. C’est une période à risque : les gelées printanières tardives peuvent détruire les jeunes pousses. En bio, il n’existe pas de solution miracle contre le gel — certains vignerons utilisent des bougies (chaufferettes) ou des asperseurs d’eau pour protéger les jeunes bourgeons.

    Avec le développement du feuillage arrive le risque de maladies cryptogamiques : mildiou (Plasmopara viticola) et oïdium (Erysiphe necator). En viticulture biologique, les seuls fongicides autorisés sont le cuivre et le soufre, appliqués à intervalles réguliers et en doses maîtrisées (plafond de 4 kg de cuivre/ha/an en moyenne sur 7 ans).

    Été : l’entretien et la surveillance

    Juin-août est la période des travaux en vert : épamprage (suppression des pousses parasites), palissage, effeuillage (suppression de feuilles pour exposer les grappes à l’air et au soleil). Ces interventions manuelles sont chronophages mais essentielles pour la qualité.

    La tramontane, vent dominant du Roussillon, joue un rôle sanitaire naturel important : en asséchant le feuillage après la pluie, elle limite le développement des champignons et réduit les besoins en traitements.

    Automne : les vendanges

    La récolte intervient entre août et octobre selon les cépages et les parcelles. Chez Benastra, les vendanges sont manuelles, en caisses, pour préserver l’intégrité des raisins. La décision de récolte est prise parelle par parcelle, en fonction de l’analyse des sucres, de l’acidité et de la maturité phénolique (tanins, anthocyanes).

    Les vendanges nocturnes ou à l’aube permettent d’apporter des raisins frais à la cave, limitant les risques d’oxydation prématurée et préservant les arômes.

    En bref
    • Hiver : taille en gobelet et travail du sol.
    • Printemps : protection contre mildiou et oïdium au cuivre et soufre uniquement.
    • Été : épamprage, palissage, effeuillage — travaux manuels intensifs.
    • Automne : vendanges manuelles en caisses, parcelle par parcelle.
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